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samedi 11 février 2012

Charles VIII



Charles VIII, né le 30 juin 1470 au château d'Amboise, mort le 7 avril 1498, fut roi de France de 1483 à 1498.
 Fils unique de Louis XI et de sa deuxième épouse Charlotte de Savoie, il est le septième et dernier roi de la succession directe de la branche des Valois de la dynastie capétienne.
 Devenu roi à treize ans, il fut placé sous la tutelle de sa sœur Anne de Beaujeu, régente de France.
A 21 ans, il se marie à Anne de Bretagne, préparant  l'annexion de la Bretagne à la France (1491). Son règne vit la perte du comté d'Artois, du comté de Bourgogne et du comté de Roussillon qu'avait annexés son père Louis XI (1493). Son expédition pour conquérir le royaume de Naples marque le point de départ des guerres d'Italie (1494).
Né le 30 juin 1470, Charles est le premier et seul fils de Louis XI,  il est de constitution fragile, et le roi, soucieux de s'assurer une succession, se préoccupe plus de sa santé que de son éducation. Ainsi, le roi lui interdit l'enseignement du latin qu'il apprit à l'âge de six ans. Il lui choisit pour précepteur l'humaniste Guillaume Tardif.
Charles joue avant tout le rôle d'instrument de la politique de son père, via ses fiançailles successives.
 Le 29 août 1475, le traité de Picquigny met fin à la guerre de Cent Ans est accompagné d'une promesse de mariage entre Charles et Élisabeth d'York, fille d'Édouard IV.
En 1477 suite à la mort de Charles le Téméraire, Louis XI entend prendre sous tutelle sa fille et héritière Marie de Bourgogne, et la fiancer à Charles pour réunir les états bourguignons à la France. Marie est pourtant souveraine, apte à régner sur ses états, et a en outre 13 ans de plus que Charles. Elle choisit donc d'épouser l'archiduc Maximilien d'Autriche.
S'ensuit une invasion des possessions bourguignonnes par les troupes françaises, une guerre qui durera jusqu'en fin 1482. La duchesse Marie meurt accidentellement, et a pour lui succéder deux enfants en bas âge. Maximilien qui n'est que le tuteur de ceux-ci, et non l'héritier lui-même, préfère signer le traité d'Arras qui scelle la paix et offre Marguerite de Bourgogne, 3 ans, fille de Maximilien et Marie, en fiançailles à Charles. Ce traité est cependant une violation du traité de Picquigny qui promettait le mariage de Charles et Élisabeth.
À la fin de la vie de Louis XI, Charles et sa petite fiancée vivent confinés à Amboise, sur l'ordre d'un père devenu paranoïaque. Celui-ci, sentant sa fin approcher, lui inculque quelques leçons de gouvernement à partir de 1482. Il lui conseille de conserver la majorité du personnel royal pour faciliter la transition (chose que lui-même n'avait pas faite) et lui demande d'accepter la tutelle de sa sœur Anne de Beaujeu. Louis XI s'éteint finalement le 30 août 1483, et Charles devient roi à 13 ans.
 À 13 ans, Charles VIII monte sur le trône n'ayant eu d'autre éducation que la lecture des romans de chevalerie. Il est toujours mineur et conformément au désir de son père, il accepte la tutelle de sa sœur aînée, Anne de France, âgée de 23 ans, dite Anne de Beaujeu, après son mariage avec Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu.
 Le gouvernement des régents provoque une rébellion des princes emmenés par Louis II d'Orléans, le futur Louis XII, qui, en vue de soustraire le roi à ses tuteurs, entreprend la Guerre folle. Le 28 juillet 1488, Louis d'Orléans est fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Incarcéré pendant trois années, il est gracié en 1491.
À l'ouest, Anne de Bretagne,  est mariée par procuration avec Maximilien de Habsbourg. Charles, lui-même fiancé à Marguerite d'Autriche, fille de Maximilien, entreprend de longues négociations et fait le siège de Rennes pour pouvoir épouser Anne, ce qu'il obtient le 6 décembre 1491.
Il rapproche ainsi de la France cet important duché.
Le contrat de mariage d’ Anne de Bretagne avec Charles VIII portait cette clause singulière, qu'en cas qu'elle devînt veuve, elle ne pourrait se remarier qu'avec le successeur du roi; et cela pour assurer plus solidement l'union de son duché de Bretagne à la couronne de France. Elle épousera ensuite Louis XII en 1499. Aucun des six enfants issus de son union avec Anne de Bretagne ne survivra.
Jeune et ambitieux, il veut conquérir le royaume de Naples, faisant valoir des droits que les derniers princes de la maison d'Anjou avaient légués à sa famille. Pour avoir sa pleine liberté en Italie, où il a des prétentions, il signe, en 1492, le traité d’Étaples avec Henri VII d'Angleterre ; en 1493, le traité de Barcelone avec le roi d'Aragon Ferdinand II ; et le traité de Senlis avec Maximilien d'Autriche (par ce traité, la dot de Marguerite (Franche-Comté et Artois) est restituée).
À la mort du roi Ferdinand Ier de Naples, en 1494, Charles VIII prend le titre de roi de Naples et de Jérusalem et pénètre en Italie. C'est le début de la première guerre d'Italie (1494-1497). Sans aucune résistance, les Français entrent à Florence en novembre et à Rome en décembre. Ils sont à Naples en février 1495. Cependant, en mars, sous l'impulsion de Ferdinand II d'Aragon et du pape Alexandre VI, se constitue la Ligue de Venise, une alliance quasi générale contre la France.
Le retour en France de Charles VIII est périlleux. Il parvient cependant à franchir l'Apennin, et remportant de justesse une victoire à la bataille de Fornoue, il réussit à échapper à ses ennemis. Louis d'Orléans évacue Novare et renonce au duché de Milan. Début 1497, l'armée française restée à Naples capitule.
Charles VIII meurt, à 27 ans, le 7 avril 1498 au château d'Amboise, en regardant jouer à la paume, après avoir violemment heurté du front un linteau de pierre sur la montée cavalière du château. Après sa mort, la succession revient à son cousin Louis XII, lequel épouse également sa veuve, Anne de Bretagne.

Charles VI




Charles VI de France, dit « Charles le Bien-Aimé » ou encore « Charles le fol » (né à Paris, le 3 décembre 1368 - mort à Paris, le 21 octobre 1422) fut roi de France de 1380 à 1422. Fils du roi Charles V et de Jeanne de Bourbon, il est sacré roi du vivant de son père.
Il reçoit le Dauphiné en apanage. Il succède à son père et est sacré roi de France le 4 novembre 1380. Pendant la minorité du jeune roi, ses oncles Jean de Berry et Philippe II de Bourgogne assurent la régence du royaume avec Jehan Pastoret en tant qu'avocat royal et président du Parlement de Paris. Le 17 juillet 1385, Charles est marié à Isabeau de Bavière, âgée d'une quinzaine d'années, fille d’Étienne III, duc de Bavière.
 Sa minorité est troublée par les querelles des ducs d'Anjou, de Bourgogne, de Berry et de Bourbon, ses oncles, qui se disputent le pouvoir e. Les troubles commencent dans un certain nombre de ville en 1382 connus sous le nom de Maillotins. Une répression terrible va s'abattre sur les émeutiers dont les meneurs sont décapités ou pendus sans autre forme de procès.
 Le 27 novembre 1382, Charles VI prend part à la bataille de Roosebecke, où Olivier V de Clisson bat les Flamands révoltés.
Le 3 novembre 1388, au retour d'une expédition contre le duc de Gueldre, Charles VI convoque le Conseil du roi et remercie ses oncles pour les services qu'ils lui ont rendus : il a vingt ans et il prend le pouvoir. Il confie le gouvernement à des anciens conseillers de son père, comme Bureau de la Rivière, qui seront appelés les marmousets.
 Le 5 août 1392, il est pris d'un premier accès de folie dans la forêt du Mans. Il attaque sa propre troupe et tue quatre personnes avant d'être maîtrisé. Sa lucidité revient après deux jours, mais ce n'est qu'un début, ces accès de folie intermittents assombrissent son règne. Le 28 janvier 1393, il rechute suite au bal des ardents, où quatre de ses compagnons brûlent vifs.
 Devant l'incapacité du roi à gouverner, ses oncles reprennent leur régence. Parmi eux le duc de Bourgogne Philippe le Hardi concentre les pouvoirs. Le duc Louis d'Orléans, frère du roi et gendre du duc d'Armagnac, revendique plus de place dans le Conseil et l'obtient peu à peu, surtout après la mort de l'influent duc de Bourgogne. Son fils le nouveau duc de Bourgogne, Jean sans Peur fait assassiner le duc d'Orléans et le royaume sombre dans la guerre civile en novembre 1407.
 Les désordres permettent à la guerre de Cent Ans de reprendre. Henri V, roi d'Angleterre, profitant de ces troubles, arme contre la France : il remporte la bataille d'Azincourt en 1415 et s'empare de la Normandie. En 1419, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons conduit à l'assassinat de Jean sans Peur. Les Bourguignons, s'allient alors avec les Anglais. Cette alliance conduit au traité de Troyes (1420) lequel prévoit que Charles VI devra marier sa fille Catherine à Henri V d'Angleterre, que leur fils éventuel sera roi de France, et que le dauphin Charles , qui a fait assassiner Jean sans Peur, sera déchu de ses droits à la couronne. Charles VI conserve le titre de roi jusqu'à sa mort. L'emprise des Anglais sur le royaume n'est cependant pas totale. Les Armagnacs n'acceptent pas le traité : le futur Charles VII garde des soutiens et gouverne en qualité de régent les territoires au sud de la Loire.
 Charles VI est inhumé dans la basilique Saint-Denis, où il sera rejoint ultérieurement par Isabeau de Bavière.

Charles V



Charles V de France, dit Charles le Sage (21 janvier 1338 - Vincennes, 16 septembre 1380 - Beauté-sur-Marne), est roi de France de 1364 à 1380.
Son règne marque la fin de la première partie de la guerre de Cent Ans : il arrive à reconquérir la quasi-totalité des terres perdues, restaure l'autorité de l'État.
En 1357, il se retrouve à la tête d'une royauté contrôlée, alors que son père Jean II est prisonnier des Anglais. Confronté aux appétits de Charles de Navarre et aux manipulations d'Étienne Marcel, il préserve la couronne des Valois alors que le pays sombre dans la guerre civile. Sacré en 1364, il restaure l'autorité royale en fondant sur l'État de droit et en poursuivant la politique de monnaie forte établie par son père.
 Il formalise la décentralisation du pouvoir par la politique des apanages sur lesquels il garde autorité en les finançant grâce à l'instauration d'impôts. Ces nouvelles ressources lui permettent de doter la France d'une armée permanente qui, associée aux armées de ses frères, permet de se débarrasser des Grandes Compagnies qui ruinent le pays, puis de vaincre les Anglais.
Cette victoire est aussi acquise par les succès diplomatiques qu'il obtient en retournant les vassaux gascons favorables à l'Angleterre et en isolant celle-ci du reste de l'Europe. Cette reconquête s'effectue en grande partie en encourageant le sentiment national naissant, transformant les Anglais en envahisseurs.
 Son règne est enfin marqué par le grand Schisme d'Occident, qu'il n'a pas pu ou voulu empêcher.

Charles VII



Charles VII de France, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi, né à Paris le 22 février 1403 et mort à Mehun-sur-Yèvre, entre Bourges et Vierzon, le 22 juillet 1461, fut roi de France de 1422 à 1461.
Devenu dauphin à la suite de la mort prématurée de ses deux frères aînés, Louis en 1415 et Jean en 1417, Charles devient héritier du trône de France, en 1417, il est fait duc de Touraine, reçoit le duché de Berry et le Poitou. À cette époque — il n'a que 15 ans — on dit de lui qu'il manque de caractère et qu'il a horreur de la violence. Devant les menaces qui se précisent contre sa personne, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, l’héritier de la couronne doit quitter Paris, aux mains des Bourguignons, le 29 mai 1418. Il se réfugie à Bourges avec quelques fidèles, ce qui lui vaut au début de son règne le surnom péjoratif de petit roi de Bourges.
Aux côtés de Bernard VII d'Armagnac, il apparaît comme le chef du parti hostile à la politique du duc de Bourgogne Jean sans Peur. C'est dans cette ville de Bourges qu'il se proclame régent, en raison de l'incapacité mentale de son père. Il soumet plusieurs villes et établit un parlement. Jean sans Peur, soucieux de faire cesser cette résistance, l'invite à Montereau pour une entrevue maintes fois reportée qui se tient finalement le 10 septembre 1419. On dresse un enclos au milieu du pont où le dauphin et Jean sans Peur se retrouvent avec chacun quelques compagnons, le gros de chaque troupe attendant sur l'une ou l'autre rive. La discussion est orageuse ; les entourages étaient nerveux et, alors que le ton monte, Tanguy du Châtel, qui avait sauvé le jeune prince lors de l'entrée des Bourguignons à Paris en 1417, écarte le dauphin ; au cours de la mêlée qui s'ensuit, Jean sans Peur est poignardé.
 Sa mère Isabeau de Bavière et les Bourguignons répandent la rumeur que Charles est en réalité le fils naturel de Louis d'Orléans dont il aurait voulu venger le meurtre. Déclaré bâtard, un décret le bannit du royaume le 17 janvier 1420. Charles, désormais accusé de complicité dans le meurtre de Jean sans Peur, est déshérité (1420). Le 21 mai 1420, sous l'influence de la reine Isabeau de Bavière, Charles VI signe le traité de Troyes, stipulant que la couronne de France sera cédée au fils du roi Henri V d'Angleterre, à condition qu'il épouse une de ses filles. Comme Henri V meurt avant Charles VI de France, c'est son fils Henri VI d'Angleterre qui est reconnu roi de France.
 Très contesté dans sa légitimité même, Charles devient roi en 1422 en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, compliquée d'une intervention militaire anglaise victorieuse depuis la bataille d'Azincourt (1415). Chef de fait du parti Armagnac, il est déshérité par son père au traité de Troyes (1420) au profit du roi Henri V d'Angleterre puis du fils de ce dernier, Henri VI. Replié au sud de la Loire, le « roi de Bourges », comme on le surnomme par dérision, voit sa légitimité et sa situation militaire s'arranger nettement grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc, et de Gilles de Montmorency-Laval dit Gilles de Rais qu'il fait maréchal de France en 1429. Ceux-ci délivrent Orléans et conduisent Charles à la cérémonie du sacre à Reims.
Ce traité légitime les prétentions du roi d’Angleterre sur le trône de France et vise à terminer la guerre de Cent Ans qui dure depuis plusieurs décennies. Le futur Charles VII, prenant prétexte de l’incapacité mentale de son père, refuse les termes du traité.
Alors que l'armée française est désorganisée, le duc de Bedford Jean de Lancastre, régent du royaume d'Angleterre, met le siège devant Orléans, et veut poursuivre jusqu'à Bourges pour s'emparer du roi Charles VII. Celui-ci se réfugie alors à Chinon, en Touraine. C'est dans ce château que le 25 février 1429, une jeune fille vient le trouver et lui demande audience. Elle lui dit : « Gentil dauphin, je te dis de la part de Messire Dieu que tu es vray héritier du trône de France. »
 Cette jeune fille de seize ans lui affirme qu'elle a eu des visions qui lui ont intimé l'ordre de sauver Orléans et de le faire couronner roi de France. Charles VII la fait examiner par des ecclésiastiques, qui se montrent convaincus de sa sincérité et de sa catholicité. Cette jeune fille, qui dit venir de Lorraine et s’appeler Jeanne d'Arc, pousse Charles à se déclarer roi et à lever une armée pour libérer la France des Anglais. Cette armée est levée par Gilles de Rais.
Après la levée forcée du siège d'Orléans, puis de Beaugency, suivi de la victoire française de Patay où de nombreux chefs de guerre anglais sont capturés (notamment Talbot, Joan et William Pole), Charles est couronné roi sous le nom de Charles VII, le 17 juillet 1429, à Reims, en présence de Jeanne d'Arc et de Gilles de Rais. À partir de ce moment tout tourne en sa faveur. Il reprend la majorité des territoires du nord contrôlés par les Anglais et réussit par le traité d'Arras en 1435 à faire la paix avec le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon jusqu'alors allié de l'Angleterre. Charles VII reprend Paris aux Anglais (Paris qui s'était rendu de lui-même au roi en 1436) et finalement toute la France à l'exception du port de Calais (1448-1453). Ses victoires successives mettent fin à la guerre de Cent Ans.
 Les succès de Charles VII doivent beaucoup au soutien de la riche famille de son épouse Marie d'Anjou, de sa belle-mère Yolande d'Aragon, de Jeanne d'Arc et de ses adjoints duc d'Alençon et autres chevaliers, la Hire et Gilles de Rais notamment.
Il limite l'autorité des grands féodaux et les justices seigneuriales en créant des parlements locaux (cours de justice). Il réorganise le Parlement de Paris en 1454, crée celui de Toulouse en 1443, confirme celui de Grenoble en 1455, et fait réformer l'Université de Paris par le cardinal d'Estouteville.
 Tout au long de son règne, il tente de raffermir l'autorité du pouvoir monarchique. Il rétablit une monnaie saine, lève des impôts réguliers - la taille dès 1439 - et met en place une véritable armée permanente par les Grandes ordonnances de 1445 et 1448. Il contribue ainsi à réunir le royaume autour du roi. Enfin, il établit l'Université de Poitiers en 1432. Sa politique apporte une certaine prospérité économique au royaume.
 Roi avisé, peu entreprenant mais politiquement intelligent, Charles VII décide de la codification de toutes les coutumes qui régissent localement le royaume, désorganisant le système judiciaire. Par l'ordonnance de Montils-lès-Tours en avril 1454, il ordonne la rédaction officielle des coutumes, sous son autorité, le transformant en « Roi, fontaine de Justice », lui et ses successeurs.
 Charles VII meurt des suites d'un abcès dans la bouche. Il rend son dernier soupir le 22 juillet 1461. Son fils lui succède sous le nom de Louis XI.





Louis XI



Louis XI de France, dit le Prudent, né le 3 juillet 1423 à Bourges, mort le 30 août 1483 au château du Plessis-Lès-Tours (commune de La Riche, Indre-et-Loire), fut roi de France de 1461 à 1483. Son intense activité diplomatique, perçue par ses adversaires comme sournoise, lui valut de la part de ses détracteurs le surnom d’« universelle aragne ».
 La ligne directrice de sa politique fut le renforcement de l'autorité royale contre les grands feudataires, par l'alliance avec le petit peuple. Il défendit ainsi les paysans vaudois du Valpute contre l'inquisition épiscopale, en Dauphiné. La vallée de la Vallouise fut ainsi rebaptisée en son honneur.
Durant son enfance, il fut élevé par Catherine de l’Isle-Bouchard, sa marraine, son éducation de très bonne qualité fut effectuée. Il y commença en effet, à l'âge de 6 ans, à apprendre le latin, l'histoire et les mathématiques.
Le 24 juin 1436, il épousa Marguerite d’Écosse. Il avait 13 ans, elle 11. Il la rendra tellement malheureuse que, mourant à 21 ans, la dauphine soupira ces ultimes paroles : « Fi de la vie ! Qu’on ne m’en parle plus... ». Dès l’époque de son mariage, il commença à jouer un rôle politique. Il entra à Lyon et Vienne pour recevoir les serments de fidélité de leurs habitants. En 1437, il visita le Languedoc et mena seul la reconquête des places-fortes anglaises dans le Velay. Accompagné de son père, il fit une entrée royale dans Paris, récemment conquise.
 En mai 1439, son père le nomma lieutenant général en Languedoc. Il put choisir lui-même ses conseillers. En décembre de la même année, il fut transféré en Poitou, cette fois sans vrai pouvoir de décision. En février 1440, après une entrevue avec Jean d’Alençon, il rejoignit la Praguerie, révolte de grands seigneurs mécontents. Cette rébellion du dauphin,  s’expliquait par l’absence de responsabilité où le maintenait son père. Sa fronde fut vite matée. Louis dut offrir sa soumission, sous réserve néanmoins d’obtenir le gouvernement du Dauphiné, et d’autres garanties. Charles VII lui accorda le gouvernement, mais refusa le reste.
 En 1441, il mena l’armée royale lors de la bataille qui se déroula du 5 juin au 19 septembre devant Pontoise.
En 1443, il fit campagne contre Jean  d'Armagnac, grand vassal insoumis. L’année suivante, il fut chargé de mener hors du royaume les bandes de « routiers », c’est-à-dire les compagnies d’armes laissées sans soldes, qui vivaient de rapines. Il les conduisit en Suisse. Le 26 août 1444, il remporta la victoire de Pratteln, puis se dirigea contre Bâle où se tenait un concile où l’antipape Félix V avait été élu. Louis fut nommé gonfalonier, c’est-à-dire protecteur de l’Église, par le pape Eugène IV et négocia le traité d’Ensisheim, conduisant à la paix, le 26 septembre 1444. En récompense, il fut nommé protecteur du Comtat Venaissin le 26 mai 1445.
Louis consacrait ses importants revenus à se constituer une clientèle. Depuis 1437, en effet, il recevait une pension royale, il fallait y ajouter les subsides accordés par les États qu’il débarrassait des routiers.
 Il était frustré de n’avoir retiré que le Dauphiné de la Praguerie. À la fin de l'année 1446, ayant conspiré contre Agnès Sorel et Pierre de Brézé, il fut chassé de la Cour et se réfugia dans son gouvernement, en Dauphiné.

Il va faire son apprentissage de roi pendant 9 ans. Peu à peu, sous son administration rigoureuse le Dauphiné devient un État distinct de la France. Il réforma la fiscalité, attira à Grenoble des artisans étrangers et des banquiers juifs  et fonda une université à Valence. Il transforma en 1453 le vieux Conseil  en Parlement du Dauphiné, le 3e du royaume après ceux de Paris et Toulouse. Louis chargea même son conseiller Mathieu Thomassin d'établir les bases juridiques de sa souveraineté, par un bréviaire des anciens droits, honneurs et prérogatives du Dauphiné  qu'il achèvera en 1456.
Louis continua à entretenir avec le roi son père des relations apparemment excellentes en lui écrivant des lettres pleines de respect. Malgré ce dévouement, le dauphin poursuivit une politique personnelle en nourrissant l'ambition de constituer un vaste fief sur les deux versants des Alpes. Dans ce but, il signa un traité d'assistance avec le duc Louis de Savoie, et forma le projet d'épouser sa fille Charlotte, âgée de 6 ans seulement. Il en avertit son père qui dépêcha un émissaire en Savoie afin d'exprimer au duc sa surprise. Mais des envoyés du dauphin interceptèrent le cavalier et, sous prétexte de lui faire escorte ralentirent sa marche autant qu'ils le purent.
Arrivé à destination le 8 mars 1451, ce fut pour voir les époux, franchir le seuil de la chapelle du château de Chambéry. Le 9 mars 1451, Louis épousa Charlotte de Savoie, fille du duc Louis de Savoie.
Charles VII furieux de ses agissements, leva une armée pour marcher contre le Dauphiné. Louis apprenant la nouvelle, parvint cependant à négocier une trêve. Ceci ne l’empêcha pas de mener une campagne de libelles contre son père, l’accusant de mœurs dissolues. Charles VII ne s'en laissa pas conter, et envoya  une armée pour lui arracher le Dauphiné. Le 30 août 1456, Louis en territoire bourguignon. Il y fut bien reçu, par Philippe le Bon qui lui rendit hommage.
 Le 22 juillet 1461, Charles VII mourut. Louis XI affecta l’indifférence, et il fut absent lors des funérailles. Il se fit sacrer à Reims 3 semaines après la mort du roi. Le nouveau roi ne demeura pas longtemps à Paris. Il regagna, le 7 octobre, le château d'Amboise où sa mère Marie d'Anjou résidait.
Sa première action de monarque fut de profiter de la crise de succession en Aragon. Une guerre civile entre Jean II et les villes, en particulier Barcelone éclata. Louis XI tenta de s’allier aux États de Catalogne. Devant leur refus poli, il se tourna vers Jean II, lequel lui céda les revenus des comtés de Roussillon et de Cerdagne en échange de son aide. Louis XI en prit possession.
En mars 1465, la ligue du Bien public. Très comparable à la Praguerie, elle avait à sa tête Charles de Charolais (Charles le téméraire), fils de Philippe le Bon, qui réclamait plus de pouvoir. Son déclenchement était dû à un incident avec les Bourguignons. En 1463, Louis XI avait décidé de racheter les villes de la Somme qui avaient été cédées au duc de Bourgogne. Cette cession, décidée au traité d'Arras de 1435 devait compenser l’assassinat de Jean sans Peur à Montereau, le 10 septembre 1419. La nouvelle du rachat avait suscité la colère de Charles de Charolais qui s'était dès lors opposé à son père, Philippe le Bon. François II de Bretagne s’allia aux Bourguignons. Se joignirent à eux Jean II de Bourbon et Jean V d'Armagnac. Le mécontentement ne s’arrêtait pas aux grands vassaux. La pression fiscale avait beaucoup augmenté suite au rachat des villes de la Somme. Louis XI avait exigé des prêts du clergé, privé l’Université et le corps des archers et arbalétriers de Paris de leurs privilèges. Il avait supprimé la Pragmatique Sanction.
Contre la ligue du Bien Public, Louis XI se mit personnellement à la tête d’une grande offensive. Après la chute de Moulins, les Bourbons se soumirent. Louis XI fit volte-face vers Paris, menacée par les Bretons et les Bourguignons. Il livra une grande bataille à Montlhéry, le 16 juillet 1465, pleine de confusion et de sang et sans réel vainqueur, mais le siège de Paris fut brisé. Louis XI parvint cependant à négocier une paix où il ne concédait rien pour réformer l’État. Il lâcha cependant le gouvernement de Normandie à son frère. Celui-ci ne parvint pas à prendre en main son gouvernement, et dut s’exiler. Le 10 septembre 1468, par le traité d’Ancenis, Charles et François II firent leur paix, et rompirent avec les Bourguignons.
Le Téméraire lui proposa de négocier à son tour, et invita le roi dans son château de Péronne. Louis XI s’y rendit en personne. Au cours des pourparlers, Liège se rebella contre la tutelle bourguignonne. Il apparut rapidement que des commissaires royaux figuraient parmi les révoltés. Furieux, le Téméraire se retourna contre Louis XI. Personnellement menacé, le roi dut signer un traité désavantageux où en cas de manquement de sa part, les propriétés tenues par le duc de Bourgogne échapperaient à sa juridiction. Il dut accompagner le Bourguignon dans sa campagne contre Liège. Il dut également promettre de donner la Champagne en apanage à son frère.
 Sitôt parti, Louis XI refusa de s’exécuter et n’accorda à Charles que la Guyenne, pays  difficile à tenir.
En 1469, il fonda l'ordre de Saint-Michel. En 1470, le roi dénonça le traité de Péronne.
 En 1472, le Téméraire envahit de nouveau la Picardie. Il fut arrêté à Beauvais, mais ravagea la Normandie.
 Louis XI s’allia avec le roi d’Angleterre,  Charles le Téméraire avait tenté de convaincre l’anglais de reprendre les hostilités contre Louis XI. Il signa avec lui le 29 août 1475 le traité de Picquigny, mettant fin à la guerre de Cent Ans et le Téméraire entra dans une rage folle.
En 1474, Louis XI manœuvre contre son oncle René d'Anjou, dont il désire annexer le domaine angevin. Louis XI se rend à Angers avec son armée, sous couvert d'une simple  visite. René voit arriver son neveu, sans se douter qu'une fois dans la cité, le roi demandera les clefs de la ville. La surprise est totale. Louis XI installe une garnison dans Angers.  À 65 ans, le roi René ne veut point commencer une guerre avec son neveu. Il lui cède l'Anjou sans combat et retourna en Provence.
En 1477, quand Charles le Téméraire mourut au siège de Nancy, Louis XI tenta de s’emparer de ses États, mais se heurta à Maximilien d’Autriche, qui avait épousé la fille du défunt, Marie. La même année, il créa le Relais de poste.
  En 1482, il parvint à récupérer la Picardie et la Bourgogne, par le traité d’Arras. Par le jeu d’héritages, dont celui de René Ier d'Anjou, il entra en possession du Maine et de la Provence. Louis récupéra également la vicomté de Thouars en 1472.
 Louis XI mourut d’une hémorragie cérébrale, ayant eu plusieurs attaques au cours de sa vie. Sur son lit de mort, il voulut avoir près de lui la Sainte Ampoule. Superstitieux, il avait interdit que l’on prononce le mot mort devant lui et avait convenu avec ses officiers de l'expression codée « Parlez peu » avant de recevoir les derniers sacrements.

jeudi 9 février 2012

Jean II de France, dit Jean le Bon


 Jean II de France, dit Jean le Bon, (né le 26 avril 1319 - mort à Londres le 8 avril 1364), fils du roi Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne, fut roi de 1350 à 1364.  Il est sacré le 26 septembre 1350.
Jean  de santé fragile et a peu d'activités physiques. Il est d’une personnalité sensible et laisse facilement cours à son émotivité. Il aime les livres, protège peintres et musiciens.
Le règne de Jean est marqué, comme celui de son père, par la contestation de Charles de Navarre et par Édouard III, lesquels n'acceptent pas l'accession des Valois sur le trône de France. Les actions de Jean  sont donc guidées par la nécessité politique, de prouver avant tout la légitimité de sa couronne.
 Dès son plus jeune âge (il est duc de Normandie à 13 ans), il doit lutter contre les forces de ceux qui, attirées par l'influence économique anglaise ou le parti réformateur, affectent les villes et la noblesse. Évoluant au milieu des intrigues, il est méfiant et gouverne dans le secret avec un cercle de familiers.
Philippe VI décide de marier son fils – alors âgé de 13 ans – pour nouer l'alliance la plus prestigieuse possible et de lui confier un apanage (la Normandie). Il décide de s’allier avec le roi de bohème et choisit Bonne, fille de Jean de Luxembourg.
Jean, duc de Normandie, comte d'Anjou, du Maine et de Poitiers, seigneur des conquêtes de Languedoc et de Saintonge, n'est pas très puissant. Ce sont les officiers du roi qui administrent la plupart de ses possessions. Par contre, il participe aux diverses campagnes militaires.
Les Normands multiplient les raids contre les ports anglais dans les premiers temps. On envisage un débarquement de grande ampleur. Jean, dont les Normands seraient en première ligne, en serait le commandant en chef, faute de finances, le projet est abandonné. Il combat contre les Anglais en Hainaut en 1340, en Bretagne en 1341-42 et en Guyenne en 1346.
En septembre 1341, Philippe VI choisit Charles de Blois pour la succession de Bretagne. L'autre prétendant, Jean de Montfort, avait pris possession de toutes les places fortes du duché et avait donné l'hommage à Édouard III sachant que le roi de France ne l'accepterait pas. Jean réunit une armée renforcée de mercenaires génois et pénètre en Bretagne fin 1341. Il prend Nantes et capture Jean de Montfort. Les villes ne tardent pas à reconnaître Charles de Blois. Le conflit nullement réglé va se prolonger 23 ans. Édouard III débarque à Brest en 1342 alors que l'armée française l'attend à Calais. Il assiège Vannes et une armée menée toujours par le duc de Normandie entre en Bretagne.  De fait, les Anglais occupent et administrent les places fortes encore fidèles à Jean de Montfort. Une large garnison anglaise occupe Brest. Les responsabilités confiées à Jean s’accroissent progressivement après ses succès en Bretagne : il siège au très restreint conseil du roi en 1343.
Après le désastre de Crécy, il faut trouver des boucs émissaires. Jean et son oncle le duc Eudes de Bourgogne tombent en disgrâce, comme les banquiers chargés par le roi des manipulations monétaires nécessaires à l'entretien des finances royales. En Europe circule l'idée d'une adoption d'Édouard III par le roi de France qui en ferait son successeur et mettrait fin au conflit. Le duc de Normandie, se sentant menacé, cherche l'appui de son beau-frère, le très puissant Charles de Luxembourg, futur empereur. Le 7 mai 1347, celui-ci s'engage par serment à venir à son secours et à celui de ses 4 fils au cas où on l'empêcherait de succéder à la couronne.
En 1347, après la chute de Calais, Philippe VI, discrédité, doit céder à la pression. C'est Jean qui prend les choses en main. Ses alliés (les Melun et les membres de la bourgeoise d'affaires qui viennent d'être victimes de la purge qui a suivi Crécy et qu'il fait réhabiliter) entrent au conseil du roi, et occupent des postes élevés dans l'administration.
Bonne meurt de la peste et Jean suit l’avis du roi qui, pour des motifs politiques, souhaite que l’héritier fasse alliance avec la duchesse Jeanne, riche héritière du Duché et du Comté de Bourgogne ainsi que de l’Artois. Jean épouse Jeanne, en secondes noces. Déjà comtesse de Boulogne et d'Auvergne depuis la mort de son père en 1332, elle assure la régence du Duché et du Comté de Bourgogne ainsi que de l'Artois.
La guerre connaît une période de trêve depuis la grande peste de 1349. La première partie de la guerre a tourné largement à l'avantage des Anglais. Jean se fait couronné rapidement (26 septembre 1350) après la mort de Philippe VI (22 août). Le règne de Jean est marqué par la défiance du pays envers les Valois choisis à la mort de Charles IV pour éviter qu'Édouard roi anglais prenne possession du trône de France.  La nouvelle dynastie, confrontée à la crise de la féodalité, aux défaites du début de la guerre de Cent Ans et à la grande peste, perd du crédit. Profitant des troubles internes et sûres de la supériorité tactique conférée par l'arc long, les Anglais, menés par Édouard III et son fils le Prince noir, relancent la guerre en 1355.
Le Prince noir revient sur le sol français pour une nouvelle campagne de pillages. Gênée par le poids du butin, sa troupe oblique alors vers l'ouest, puis vers Bordeaux en passant par Poitiers. Jean la poursuit avec une armée deux fois plus nombreuse, composée de chevaliers lourds, et le rattrape dans les environs de Poitiers.
Le 19 septembre 1356, Jean est battu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers, malgré la réorganisation de l'armée qu'il a menée. Le pays sombre dans le chaos. Les états généraux menés par Étienne Marcel prennent le pouvoir à Paris et tentent d'installer Charles de Navarre à la tête d'une monarchie contrôlée.
En 1358, les campagnes se soulèvent et s'allient avec Étienne Marcel, mais le dauphin Charles, se fait nommer régent et retourne la situation. Jean peut regagner la France en 1360, après la signature du traité de Brétigny qui lui rend la liberté, mais cède un tiers du pays à Édouard.
 Son retour est difficile. Il faut payer son énorme rançon et les finances sont au plus bas. Il stabilise la monnaie grâce à la création du franc, mais les Grandes Compagnies pillent les campagnes et bloquent le commerce. Il tente de mettre fin à leurs agissements mais l'armée royale est vaincue à Brignais. Il tente ensuite d'en débarrasser le pays en les menant en croisade contre les Turcs avec l'argent du Pape. Il essuie un nouvel échec, Innocent VI mourant 15 jours avant son arrivée en Avignon et étant remplacé par le peu dispendieux Urbain V.
Urbain V a l'idée de l'envoyer en croisade en emmenant les compagnies qui saignent la France. Le moment est propice puisque  les Turcs ottomans, ont pris Andrinople. Il envisage de reconquérir son honneur en croisade en répondant à l'appel du roi de Chypre. Cette croisade financée par le pape, via les décimes, le roi comptant bien en récupérer une partie pour rembourser sa rançon. Il reçoit la croix des mains du nouveau pape Urbain V. Mais le nouveau souverain pontife est très soucieux des finances de l'Église et impose que les décimes soient prélevées par les évêques ce qui ôte tout espoir de plus-value à Jean.
 Finalement, il repart pour Londres le 3 janvier 1364 afin de renégocier le Traité de Brétigny pour lequel il a du mal à payer la rançon et la libération des otages (son fils Louis, lassé d’attendre sa libération, s'est déjà enfuie de Londres. Il réunit les états généraux à Amiens fin décembre 1363 et leur fait part de sa décision. Il laisse une situation désastreuse avec un pays ruiné et mis en coupe réglée par les compagnies, mais une bonne partie des décisions qui vont permettre à Charles V de relever le royaume sont déjà prises. La monnaie est stabilisée, une administration plus efficace via la politique des apanages est mise en place, les impôts sont votés. Il laisse son fils aîné régler la situation, ce qu'il a déjà fait brillamment en 1358. Jean II meurt à l'hôtel de Savoie, à Londres, le 8 avril 1364. Son corps est restitué à la France.

samedi 4 février 2012

Philippe VI

Philippe est le fils aîné de Charles de Valois, frère cadet du roi Philippe le Bel, et de Marguerite d'Anjou (1273-1299). Il est le cousin des trois fils de Philippe le Bel. Philippe se marie en juillet 1313 avec Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1349).
Suite au décès de Charles IV qui est toujours sans héritier, le 1er février 1328. Jeanne  sa veuve, étant enceinte, on attend de savoir quel sera le sexe de l'enfant. Philippe est choisi comme régent, il s'avère que c'est une fille. Il profite de la régence pour neutraliser ses éventuels rivaux les plus menaçants, les Evreux-Navarre.
En 1328, son accession sur le trône découle donc  d'un choix, fait en deux temps, à la mort de Louis X  en 1316 puis à celle de Charles IV en 1328, afin d'éviter que la couronne ne passe dans les mains d’Édouard III d'Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel.
Il doit négocier avec Jeanne II de Navarre, fille de Louis X qui a été écartée de la couronne en 1316 pour motif qu'elle est une femme ("loi salique") mais également qu'elle est soupçonnée de bâtardise.
Elle revendique la Navarre et la Champagne que Philippe IV tenait de son épouse. Philippe VI restitue la Navarre à Jeanne, mais refuse de lui céder la Champagne.
Le 23 aout 1328 il assoit sa légitimité lors de la bataille de Cassel le contre les Flamands.
En conflit avec Édouard III, il finit par obtenir de lui l'hommage pour la Guyenne en 1330.
L'affaire de son cousin Robert d'Artois, procure à Philippe VI un ennemi, suite au  problème de succession de l’Artois qui dure depuis 1298. Robert ruiné est condamné par la Cour des pairs au bannissement en 1332. Il choisit de se mettre au service d’Édouard.
En  1332, Philippe  décide de marier  son fils (Jean) - alors âgé de 13 ans –avec  une des filles du roi de Bohême (Bonne).
Le comte Humbert, ruiné et sans héritier après la mort de son fils unique, vend le Dauphiné. Il doit revenir à un fils du futur roi Jean. C'est donc le futur Charles V, en tant que fils aîné, qui devient dauphin.
En 1336, Philippe, sentant son pouvoir plus assuré, prend des initiatives. Il est à Avignon où le pape Benoît XII, refuse de lancer la croisade tant voulue par Philippe. Ce dernier, fait passer la flotte française de Méditerranée en Mer du Nord. Édouard III met ses côtes en état d'alerte.
 Au printemps de 1337, la guerre franco-anglaise semble inévitable.
L'armée de Philippe ayant lancé son offensive victorieuse en Aquitaine, Édouard III étant sous la menace d'un débarquement en Angleterre, ce dernier décide de porter la guerre en Flandre. Il s'est assuré l'alliance des flamands.
Il débarque en 22 juillet 1338 à Anvers. Pour neutraliser les troupes françaises arrivées à Amiens le 24 août, il lance des négociations. La manœuvre ayant réussi, Philippe doit renvoyer son  armée.
 En  1339, Édouard  lance l'offensive. Ayant reçu des renforts  et ayant réussi à garantir ses dettes, il marche sur Cambrai  fin septembre 1339. Les deux armées  se rencontrent une première fois près de Péronne. Une trêve est  décidée.
En 1340, la guérilla des partisans de David Bruce  en Ecosse s’intensifie et des raids sont menés sur le Northumberland. David Bruce rentre d’exil en juin.
Édouard III, qui n’a négocié la trêve  que pour gagner du temps, reprend les hostilités en août 1341 alors que la tension monte entre Philippe VI et Jacques II de Majorque qui refuse de lui prêter hommage pour  Montpellier.
Le 30 avril 1341, suite au décès du  duc Jean III, sans descendance.  La guerre de successions  de Bretagne commence les rois français et anglais ayant chacun leurs prétendants. Les Anglais occupent les places fortes en Bretagne. Le conflit va se prolonger 22 ans et permettre aux Anglais de prendre durablement pied en Bretagne.
Début août 1345, les anglais débarquent à Bordeaux. Le fils de Philippe Jean, chargé de la défense de l’Aquitaine, envoie une armée  contre les anglais. Le 21 octobre, l’armée française est battue. Fort de ce succès, les anglais enlèvent les châteaux  entre la Dordogne et la Garonne,
Philippe VI doit trouver des finances pour monter une armée. Il obtient avec grande difficulté des finances des États de langue d’oïl et de langue d'oc, il emprunte aux banques italiennes de Paris et surtout il reçoit le soutien du pape qui l’autorise à prélever 10% des revenus ecclésiastiques du royaume.
Grace au recrutement de mercenaire,  Jean Duc de Normandie  commence la campagne d’Aquitaine. Fin août 1346, il doit remonter vers le nord : Édouard III a attaqué le royaume et son père a besoin de lui. Philippe pousse le roi David d'Écosse à envahir l'Angleterre, mais les Ecossais sont battu en octobre 1346.
 Édouard III  débarque en Normandie. Les deux armées se rencontrent à Crécy le 26 août 1346.
C’est un désastre du côté français où Philippe VI s’illustre par son incompétence militaire. Les chevaliers français chargent par vagues successives et sont massacrées par les pluies de flèches décochées par les archers anglais abrités derrière des rangées de pieux.
L’armée française anéantie, Édouard remonte vers le nord et met le siège devant Calais. Avec une armée de secours, Philippe  essaie bien de lever le blocus de la ville, mais n’ose pas affronter Édouard. Philippe VI négocie une trêve avec Édouard, qui, en position de force, obtient Calais.
En 1347, après la chute de Calais, Philippe VI, âgé (53 ans) est discrédité. C'est son fils Jean, le duc de Normandie qui prend les choses en main.
La fin du règne de Philippe  est marquée par les débuts de l'épidémie de peste noire, qui entraîne une longue trêve
Il meurt dans la nuit du 22 au 23 août 1350 au château de Nogent-le-Roi.
 Philippe laisse cependant un royaume durablement désorganisé, entré dans une phase de révoltes qui tournera à la guerre civile avec la Grande Jacquerie de l'année 1358.