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mercredi 22 février 2012

Louis XV, dit le « Bien-Aimé »



Louis XV, dit le « Bien-Aimé » (Versailles, 15 février 1710 – Versailles, 10 mai 1774).
Succédant à son arrière-grand-père Louis XIV à l'âge de cinq ans, il voit son pouvoir alors délégué à son grand-oncle, le duc d'Orléans,  jusqu'au 15 février 1723.
Louis XV est né le 15 février 1710 à Versailles. Il est le troisième fils de Louis de France, duc de Bourgogne, surnommé le Petit Dauphin, et de Marie-Adélaïde de Savoie. Il est ainsi l'arrière-petit-fils de Louis XIV.
 À sa naissance, en pleine guerre de succession d'Espagne, le futur Louis XV, titré duc d'Anjou — titre porté précédemment par son oncle, Philippe de France, prétendant français au trône d'Espagne et futur roi Philippe V (1700-1746) — est immédiatement confié à sa gouvernante, la duchesse de Ventadour.
En 1714, Louis est confié à un précepteur, l'abbé Perot. Celui-ci lui apprend à lire et à écrire, et lui enseigne des rudiments d'histoire et de géographie et, bien sûr, lui donne l'enseignement religieux nécessaire au futur « roi très chrétien ».
En 1715, le jeune dauphin reçoit également un maître à danser, puis un maître à écrire. Son confesseur est le père Le Tellier.
Le futur Louis XV commence sa vie publique peu de temps avant la mort de son bisaïeul Louis XIV. Le 19 février 1715, Louis XIV reçoit en effet en grande pompe dans la galerie des Glaces de Versailles l'ambassadeur de Perse. Il associe son successeur, qui vient d'avoir cinq ans, à la cérémonie, le plaçant à sa droite. En avril 1715, l'enfant participe avec le vieux roi à la cérémonie de la Cène du Jeudi saint et participe au Lavement des pieds. Il est toujours accompagné de sa gouvernante, Madame de Ventadour. Dans les derniers temps de la vie de Louis XIV, le futur roi participe à plusieurs défilés militaires et cérémonies visant à lui donner l'habitude de la vie publique.
 Le 26 août, sentant la mort venir, Louis XIV fait entrer le jeune Louis dans sa chambre, l'embrasse et lui parle avec gravité de sa future tâche de roi, dans des mots qui sont par la suite passés à la postérité, qui y a vu une sorte de testament politique du grand roi et des remords concernant sa propre action :
 Les 3 et 4 septembre 1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi, d'abord en se rendant à la messe de requiem célébrée pour le feu roi à la chapelle de Versailles, ensuite en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son propre avènement.
Le 12, il enchaîna sur un lit de justice, l'une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie,
le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l'Université de Paris et de l'Académie française, les jours suivants, sur les réceptions d'ambassadeurs venus présenter leurs condoléances.
En 1717, ayant atteint l'âge de raison, son éducation est désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy, et à un précepteur, André Hercule de Fleury, évêque de Fréjus. On lui apprend désormais le latin, les mathématiques, la cartographie, le dessin et des rudiments d'astronomie, mais, aussi, on lui enseigne à chasser. L'éducation manuelle n'est pas non plus négligée : en 1717, il apprend un peu de typographie, et en 1721, il s'initie à tourner le bois. Depuis 1719, il avait des maîtres de musique. Contrairement à Louis XIV, il n'avait que peu d'affinités pour la musique mais était attiré par l'architecture.
Le jeune Louis XV est sacré et couronné à Reims le 25 octobre 1722. Il atteint sa majorité (13 ans) l'année suivante, et est déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. Cependant, encore trop jeune pour régner par lui-même, il laisse l'exercice effectif du pouvoir tout d'abord au duc d'Orléans et au cardinal Dubois. Les deux meurent à quelques mois d'intervalle, à la fin de l'année 1723.
 C'est le duc de Bourbon, prince du sang, qui devient alors le principal conseil du roi.
Mariage de Louis XV avec Marie Leszczyńska, fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński. Le mariage est célébré à Fontainebleau le 5 septembre 1725.
 À la suite de ce mariage, et malgré l'insistance de la reine qui le considérait comme son mentor, Louis XV écarte le duc de Bourbon du pouvoir et l'exile. Louis XV décide également de supprimer la charge de premier ministre. Il appelle auprès de lui le cardinal de Fleury, son ancien précepteur. Celui-ci commence alors auprès du roi une longue carrière à la tête du royaume, de 1726 à 1743.
En fait, se réfugiant derrière l'ombre tutélaire du feu Louis XIV, le jeune roi, orphelin trop tôt, abandonnera la totalité du pouvoir au cardinal de Fleury, le 16 juin 1726 en fixant les cadres de son gouvernement, annonçant à son  « Conseil d'En Haut», outre la fin de la charge de premier ministre, sa fidélité à la politique de Louis XIV.
De 1726 jusqu'à sa mort en 1743, le cardinal dirige donc la France aux côtés du roi.
Fleury fait revenir le chancelier d'Aguesseau, renvoyé en 1722. Il ne retrouve cependant pas toutes ses prérogatives, puisque les sceaux et les Affaires étrangères sont confiées à Chauvelin, président  du Parlement de Paris. Maurepas devient secrétaire d'État à la Marine.
Avec l'aide des contrôleurs généraux des finances Le Peletier  et surtout Orry, "Monsieur le Cardinal" parvint à stabiliser la monnaie française (1726) et finit par équilibrer le budget du royaume en 1738. L'expansion économique était au cœur des préoccupations du gouvernement.
En septembre 1729, après sa troisième grossesse, la reine donna finalement naissance à un garçon, Louis, qui devint aussitôt dauphin.
En 1733, malgré la politique pacifiste de Fleury, le roi, convaincu par son secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Chauvelin, intervint finalement dans la guerre de Succession de Pologne pour tenter de remettre son beau-père Stanislas Leszczyński sur le trône de Pologne. L'intervention sans conviction de la France contre l'Autriche ne permit pas de renverser le cours de la guerre et Stanislas ne retrouva pas son trône mais Louis XVréussit à programmer le rattachement des duchés de Lorraine et de Bar au Royaume.
Peu après ce résultat, la médiation française dans le conflit entre le Saint-Empire et l'Empire ottoman aboutit au traité de Belgrade (septembre 1739), qui mit fin à la guerre avec un avantage pour les Ottomans, alliés traditionnels des Français contre les Habsbourgs.
En conséquence, l'Empire ottoman renouvela les capitulations françaises, qui affirmèrent la suprématie commerciale du royaume au Moyen-Orient
1740, mort de l'empereur Charles VI et l'avènement de sa fille Marie Thérèse déclencha la guerre de Succession d'Autriche.
Fleury n'avait plus la force de s'y opposer et le roi succomba à la pression du parti anti-autrichien de la cour : il entra en guerre en 1741 en s'alliant à la Prusse contre les Autrichiens, les Britanniques et les Hollandais. Ce conflit devait durer sept longues années. Fleury mourut avant la fin de la guerre, en janvier 1743.
Août 1744, à Metz, Louis XV tomba gravement malade et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente.
Jeanne d'Étiolles, née Poisson, rencontre en 1745 futur marquise de Pompadour.
Le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, le roi rendit toutes ses conquêtes à l'Autriche,
Le 5 janvier 1757, Damiens essaye de tuer Louis XV.
1756, le roi opère  un renversement d'alliance en rupture avec l'alliance franco-prussienne traditionnelle. Par le traité de Versailles signé le 1er avril 1756, le roi, contre l'avis de ses ministres, s'allia avec l'Autriche.
Août 1756, Frédéric II envahit la Saxe sans déclaration de guerre et vainquit facilement les armées saxonnes et autrichiennes, mal préparées. Entre-temps, la Grande-Bretagne avait déjà déclaré la guerre à la France le 18 mai 1756. Ce sera la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui aura des conséquences importantes en Grande-Bretagne et en France.
Ascension de Choiseul, sous l'influence de la de Pompadour, le nouvel homme fort du gouvernement autorise la publication de l'Encyclopédie et contribue à la dissolution des jésuites. Il réforme la structure de la marine et de l'armée et essaye d'étendre les colonies françaises dans les Antilles.
 Choiseul, successivement à la tête de la diplomatie et du ministère de la guerre et de la marine, cherche à arrêter rapidement la guerre. Le traité de Paris (1763), reconnaît une importante défaite française, avec la perte de la Nouvelle-France et de l'Inde.
La convention de Versailles, en 1738, la France obtient le droit d'intervenir en Corse. Avec le traité de Versailles, en 1768, la France a la garantie de conserver l'île si elle parvient à la conquérir. La campagne dure moins d'un an.
Louis XV finit par renvoyer son ministre en 1770 peu après le mariage du dauphin qui scellait l'alliance avec l'Autriche.
 Choiseul fut remplacé de fait par Maupeou, Garde des sceaux de France depuis 1768, qui s'appliqua à restaurer l'autorité royale. Maupeou  fit arrêter, les parlementaires par des mousquetaires.
Le roi mourut le 10 mai 1774, à 15 heures 30, au château de Versailles.

mardi 21 février 2012

Louis XIV dit le Roi-Soleil ou Louis le Grand




Louis XIV dit le Roi-Soleil ou Louis le Grand (5 septembre 1638, Saint-Germain-en-Laye- 1er septembre 1715, Versailles) Roi de France et de Navarre.
 Comme il n'a que quatre ans et demi, sa mère, Anne d'Autriche, devient régente. Elle maintient contre toute attente le cardinal Mazarin comme Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français, fidèle de Richelieu.
En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis XIV, se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l'éducation du jeune monarque et de son frère. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de son frère.
1648, le parlement de Paris s'oppose fermement aux impôts levés par Mazarin pour continuer la guerre contre l'Espagne. La Journée des barricades contraint le roi à quitter Paris une première fois.
Fin de la guerre de Trente Ans, conclue en 1648 par les traités de Westphalie.
1650, une nouvelle fronde appelée Fronde des princes se construit autour du tumultueux Condé. Les princes sont arrêtés sur l'ordre de Mazarin, ce qui aboutit à une nouvelle guerre civile, relayée essentiellement dans les provinces. Après avoir célébré sa première communion à l'église Saint-Eustache le 25 décembre 1649, Louis XIV, qui n'a alors que 12 ans, entre au conseil en 1650.
1651, Gondi et Beaufort, chefs de la première fronde, s'allient à la fronde des princes, pour renverser Mazarin qui est obligé à l’exile.
 8 février 1651, la reine et le jeune Louis essaient de s'enfuir, les Parisiens envahissent le palais royal où loge le roi, désormais prisonnier de la fronde.
7 septembre 1651, majorité du roi. Condé se jette dans Paris qui se soulève devant le retour d'exil de Mazarin. Le pouvoir doit de nouveau assiéger Paris.
Deuxième exil de Mazarin, les exactions des troupes de Condé, les troubles populaires et la lassitude à l'égard de la guerre mettent un terme à la fronde, devenue impopulaire: la plupart des grands font leur soumission. Seul, Condé trahit la France pour se mettre au service de l'Espagne.
Louis XIV est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims mais il laisse les affaires politiques à Mazarin, et continue sa formation militaire auprès de Turenne.
 Pendant le voyage du jeune roi, le 7 novembre 1659, les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées qui fixe les frontières entre la France et l'Espagne. Louis XIV épouse l'infante Marie-Thérèse d'Autriche.
Mort de Mazarin, le 9 mars 1661, la première décision de Louis XIV est de supprimer la place de ministre principal et de prendre le contrôle du gouvernement, mais l'entourage du roi n'est pas convaincu de sa stature d'homme d'État.
5 septembre 1661, jour de ses 23 ans, le roi qui avait pu, jeune encore, constater le fort mécontentement des provinces contre la pression fiscale, fait arrêter Nicolas Fouquet dont il supprime par la même occasion le poste de surintendant des finances.
1665, Louis XIV crée la Compagnie française des Indes orientales.
En 1672, Louis XIV provoque la guerre de Hollande. L'Espagne en profite pour tenter de récupérer les villes de Flandres perdues. Ce conflit isole diplomatiquement la France : opposée à la fois aux Habsbourg, au pape et aux protestants d'Europe, après le rapprochement entre les Provinces-Unies des Pays-Bas, les princes Allemands et le parlement Anglais, elle n'a plus comme alliée protestante que la Suède. Sa puissance militaire lui permet toutefois d'imposer la paix sur le front Nord et de prendre le Franche-Comté à l'Espagne (1674, confirmé au traité de Nimègue, 1678).
1682, La Salle fonde à l'embouchure du Mississippi une nouvelle colonie française qui est nommée Louisiane (Nouvelle-France) en l'honneur du roi Louis.
1697, le traité de Ryswick attribue la moitié ouest de l'île de Saint-Domingue,  à la France.
La poussée vers les Flandres d'un monarque absolu catholique provoque l'inquiétude de la République protestante des Pays-Bas. Dès lors, France et Pays-Bas, anciens alliés, deviennent rivaux économiquement et politiquement. Louis XIV élargit ensuite ses ambitions aux possessions des villes conquises (politique des réunions). Cette politique d'expansion territoriale provoque la ligue d'Augsbourg (1682),  les Habsbourg et impériaux, d'une part et les protestants de l'autre. Après la prise de Luxembourg en 1684, le conflit reprend de 1688 à 1697 et plusieurs années de guerre s'ensuivent sur terre et sur mer: de l'Irlande où le roi soutient le prétendant catholique au trône de Grande-Bretagne, à l'Allemagne, où il soutient la Princesse Palatine, jusqu'à la Savoie, les guerres pèsent durement sur les finances royales. La paix négociée par la médiation de la Suède lui permet de prendre l'Alsace.
À la fin de son règne, le « Roi très Chrétien » tente de préserver la succession d'Espagne pour son petit-fils ce qui conduit à une guerre qui épuise toute l'Europe.
 La mort  de Charles II de Habsbourg, sans enfant, pose le problème de sa succession. Louis XIV mène une active diplomatie pour faire hériter un de ses descendants. Cela l'oppose à la branche Habsbourg d'Autriche, autre prétendante.
1700, Charles II refuse sur son lit de mort la solution du partage et laisse l'héritage de la totalité des possessions espagnoles pour l'un des petits-fils de Louis XIV, Philippe V.  Celui-ci n'est soutenu que par la Bavière de sa mère, toutes les autres puissances européennes provoquant une violente guerre contre les Bourbons de France et d'Espagne. Au bout de quatorze ans l'épuisement des adversaires conduit à une paix de compromis (1713), Philippe conserve le trône d'Espagne.
Le 1er septembre 1715, Louis XIV meurt.

lundi 20 février 2012

Louis XIII



Louis XIII dit le Juste (27 septembre 1601, Fontainebleau-14 mai 1643, Saint-Germain-en-Laye), roi de France et de Navarre (1610-1643). Il est le fils d'Henri IV et de Marie de Médicis et le père de Louis XIV.  Son règne est marqué par l'affaiblissement des Grands et des protestants et la lutte contre la maison de Habsbourg.
Louis XIII naît le 26 septembre 1601 au château de Fontainebleau. Le futur roi est installé dès le mois de novembre au château de Saint-Germain-en-Laye, où il retrouve les enfants illégitimes de son père, puis plus tard ses frères et sœurs le rejoignent. Il est baptisé le 14 septembre 1606 à Fontainebleau, son parrain est, comme il est d'usage, le pape Paul V.
À la mort d'Henri IV en 1610, Louis XIII monte sur le trône. Il n'a que 8 ans. Le pouvoir est alors assuré par sa mère Marie de Médicis, qui gouverne le royaume comme régente.
La majorité du roi est proclamée en 1614, mais Marie déclare que Louis est « trop faible de corps et d'esprit » pour assumer les devoirs de sa charge ; elle l'écarte du Conseil et laisse gouverner ses favoris Concini et Léonora Galigaï.
21 novembre 1615 à Bordeaux, Marie de Médicis marie le jeune roi à Anne d'Autriche, infante d'Espagne.
24 avril 1617, Louis XIII accède au pouvoir. Poussé par son favori Luynes il ordonne l'assassinat dufavori de sa mère, Concini et fait exécuté sa femme. Exile Marie de Médicis à Blois. Louis XIII remplace Concini par son propre favori, Luynes.
1619, la reine-mère s'échappe de Blois et lève une armée contre son fils qui choisit de se réconcilier avec elle, lors du Traité d'Angoulême le 30 avril 1619, il lui cède les villes d'Angers et Chinon.
1620, Marie de Médicis déclenche une guerre civile qui se conclut par sa défaite totale à la bataille des Ponts-de-Cé le 7 avril 1620. Par crainte de voir sa mère poursuivre des complots, le roi accepte son retour à la cour de France.
À peine la paix faite, le roi se rend à Pau en Béarn, dont il est le souverain, pour y rétablir la religion catholique comme religion officielle. Dès lors, il entend mettre fin aux privilèges politiques et militaires dont bénéficient les protestants depuis l'Édit de Nantes et imposer le catholicisme à tous ses sujets. De 1620 à 1628 (siège de La Rochelle), il combat les protestants, et détruit les fortifications de leurs places-fortes.
1621 prise de Saint-Jean-d'Angély aux protestants, mais il échoue devant Montauban en grande partie du fait de l'incompétence de Luynes.
19 octobre 1622. Louis XIII signe l'Édit de Montpellier confirmant l'Édit de Nantes : extension de la liberté d'exercice de culte des protestants et limitation à deux du nombre de leurs places de sûreté (La Rochelle et Montauban).
Louis XIII, décidé à participer davantage aux affaires de l’État et de se lier à un seul ministre.
1624, Marie de Médicis parvient à faire entrer  Richelieu au conseil du roi, prélat qui a été le représentant du clergé aux États généraux de 1614 et ministre du gouvernement Concini.  La relation du Roi avec Richelieu est assez complexe et a sans doute évolué avec le temps vers une affection réelle.
 1626, brouille du couple royale.la reine, poussée par la duchesse de Chevreuse, participe au complot du comte de Chalais, ayant pour but d'assassiner le roi et mettre son frère et héritier, sur le trône.
Reddition de la rochelle, après un très long siège en 1628, est suivie de la promulgation de l’édit de grâce d’Alès (28 juin 1629), interdisant les assemblées politiques et supprimant les places de sûreté protestantes, mais maintenant la liberté de culte dans tout le royaume.
Il écarte définitivement sa mère lors de la journée des Dupes (10 novembre 1630), pendant laquelle la cour croit le cardinal congédié, à la suite d’une violente altercation entre le roi et la reine-mère. Cette journée se termine par l'exil de la reine-mère.
1631 la diplomatie française se rapproche des ennemis de l'Espagne, et particulièrement des puissances protestantes qu'elle finance
1635 marque un véritable tournant : la France déclare la guerre ouverte à l'Espagne
1638 après 23 ans de mariage, alors que le roi et la reine ont 36 ans, le font surnommer « l'enfant du miracle ».
Louis XIII et Anne d'Autriche ont en 1640 un second fils, Philippe.
Mort du cardinal, en décembre 1642, le roi décide de se réconcilier avec certains des anciens conspirateurs comme son demi-frère, et ses fils.
Mais, il poursuit la même politique. Il fait entrer au conseil d'État un des proches collaborateurs de Richelieu, le Cardinal Mazarin qui devient vite premier ministre de fait. Louis XIII meurt le 14 mai.


dimanche 19 février 2012

Henri IV




Henri IV, né Henri de Bourbon (13 décembre 15533 à Pau - 14 mai 1610 à Paris), fut roi de Navarre (Henri III de Navarre, 1572-1610) puis roi de France (1589-1610).
Fils de Jeanne d'Albret, reine de Navarre et d'Antoine de Bourbon, descendant du roi Louis IX et premier prince du sang. En vertu de la « loi salique » cette filiation fera d'Henri le successeur naturel du roi de France. Henri IV est né à Pau, alors capitale de la vicomté de Béarn.
Fidèle à l'esprit du calvinisme, sa mère Jeanne d'Albret prend soin de l'instruire dans la stricte morale de la Réforme.
1561 à l'avènement de Charles IX, son père Antoine l'amène à la cour. Il est l'un des objets du conflit qui oppose ses parents en désaccord sur le choix de sa religion, sa mère calvinisme et son père catholique.
1564 à 1566, il accompagne la famille royale durant son grand tour de France et retrouve à cette occasion sa mère qu'il n'avait pas revue depuis 2 ans.
1567, Jeanne d'Albret le fait revenir vivre auprès d'elle dans le Béarn.
 1568, Henri participe à sa 1er campagne en Navarre. Il poursuit son apprentissage militaire durant la 3e guerre de religion. Sous la tutelle de l'amiral de Coligny, il assiste aux batailles de Jarnac, de La Roche l'Abeille et de Moncontour. Il combat pour la toute première fois en 1570, lors de la bataille d'Arnay-le-Duc.
1572, succédant à sa mère Jeanne, Henri  devient roi de Navarre sous le nom d’Henri III.
 18 août 1572,  Henri est marié à Paris à la sœur du roi Charles IX, Marguerite. Suite à un attentat contre Coligny, le mariage est suivi quelques jours plus tard du massacre de la Saint-Barthélemy. Épargné par les tueries du fait de son statut de prince du sang, Henri est contraint de se convertir au catholicisme et est assigné à résidence
 Après sa participation à un complot, il est retenu prisonnier à  Vincennes (avril 1574). La clémence du roi lui fait éviter la peine de mort mais il reste retenu à la cour. À l'avènement d’Henri III, il reçoit à Lyon un nouveau pardon du roi.
 Après 3 ans comme otage à la cour, il profite des troubles de la 5e guerre de religion pour s'enfuir le 5 février 1576. Il renoue avec le protestantisme, en abjurant le catholicisme en  juin.
1577, il participe timidement à la 6e guerre de religion.
Octobre 1578 à mai 1579, la reine mère Catherine de Médicis lui rend visite pour achever la pacification du royaume et elle lui ramène son épouse Marguerite.
Mai 1580 prise de Cahors, il réussit à éviter pillage et massacre, lui vaut un grand prestige à la fois pour son courage et son humanité.
 1585 ruptures entre Henri et Marguerite suite notamment aux aventures féminines du roi.
1584, le frère cadet du roi de France, meurt sans héritier. Le traité de Nemours,  entre le roi et les guises  met hors la loi tous les protestants et notamment Henri.
1587, batailles de Coutras défaite de l'armée royale. Henri est de nouveau excommunié par le pape.
1588. La mort de Condé le place à la tête des protestants puis l'élimination de Guise l'amène à se réconcilier avec Henri III. Les deux rois signent un traité le 30 avril 1589.
Le 1er août 1589, avant de mourir le lendemain des blessures infligées par le moine Jacques Clément, le roi Henri III reconnaît formellement son beau-frère et cousin le roi de Navarre comme son successeur.
Henri IV est victorieux du  duc de Mayenne le 29 septembre 1589 lors de la bataille d'Arques.
Il bat les Ligueurs et les Espagnols à Ivry le 14 mars 1590, assiège Dreux sans succès puis affame Paris, mais ne peut prendre la ville, qui est ravitaillée par les Espagnols.
Juillet 1591, il rétablit par l’Édit de Mantes, les dispositions de l’édit de Poitiers (1577), qui leur donnait une liberté très limitée du culte.
4 avril 1592, par une déclaration connue sous le nom d'« expédient », Henri IV annonce son intention d'être instruit dans la religion catholique.
Henri IV abjure solennellement le protestantisme, le 25 juillet 1593.
L’augmentation des impôts consécutive (multiplication par 2,7 de la taille) provoque la révolte des croquants dans les provinces les plus fidèles au roi, Poitou, Saintonge, Limousin et Périgord.
1594, Henri IV assiège avec succès Dreux puis il est sacré le 27 février 1594.
Entrée dans Paris le 22 mars 1594. Il bat de l'armée de la Ligue à Fontaine-Française.
En 1595, Henri IV déclare officiellement la guerre contre l'Espagne.
Après avoir soumis la Bretagne et avoir repris Amiens aux Espagnols, Henri IV signe le 13 avril 1598, l'Édit de Nantes. Les deux armées étant à bout de forces, le 2 mai 1598 est signée la paix de Vervins entre la France et l'Espagne.
1598 Henri IV favorise l'entrée en France des jésuites et crée une « caisse des conversions ». Il se réconcilie avec le duc de Lorraine.
Décembre 1599, il obtient l'annulation de son mariage avec la reine Marguerite, et épouse, à Lyon, le 17 décembre 1600, Marie de Médicis.
1601, traité de Lyon entre la France et la Savoie.
13 mai 1610, Couronnement officiel de la reine. Le lendemain, Henri IV meurt assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique à Paris. 

vendredi 17 février 2012

Henri III



Henri III (19 septembre 1551 à Fontainebleau - 02 août 1589 à Saint-Cloud) fut roi de France de 1574 à 1589.
 Il est le quatrième fils d'Henri II, roi de France et de Catherine de Médicis. Il est, dans un premier temps, baptisé sous le prénom d'Alexandre-Édouard, et titré duc d'Angoulême. En 1560, à l'avènement de son frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Il prend lors de sa confirmation à Toulouse, le 17 mars 1565, le prénom de son père : « Henri ». Le 8 février 1566, il devient duc d'Anjou.
 Le 11 mai 15732, il est élu roi de Pologne sous le nom d'Henryk Walezy (en polonais, Henri de Valois). Il règne sur la Pologne du 11 mai 1573 au 12 mai 1575. Le 30 mai 1574, son frère Charles IX étant mort, il quitte la Pologne en catimini pour le trône de France. Il est sacré à Reims le 13 février 1575 sous le nom d'Henri III et le 15 février il épouse Louise de Lorraine.
 En montant sur le trône de France, Henri III a hérité de son frère un royaume divisé où son autorité n'est que partiellement reconnue. Son règne est marqué par de sérieux problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de religion se déroulent sous son règne. Henri III doit faire face à des partis politiques et religieux soutenus par des puissances étrangères, qui finissent par venir à bout de son autorité, le parti des Malcontents, le parti des protestants et pour finir celui de la Ligue qui parvient à le faire assassiner. Il meurt à Saint-Cloud le 2 août 1589 après avoir été poignardé par le moine Jacques Clément.

jeudi 16 février 2012

Charles IX



Charles IX de France, né le 27 juin 1550 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 30 mai 1574 à Vincennes, il fut roi de France de 1560 à 1574.
 Il est le quatrième roi de la famille des Valois-Angoulême. Fils de d'Henri II et de Catherine de Médicis, d'abord nommé duc d'Angoulême, il est nommé duc d'Orléans (1550 à 1560), après la mort de son frère Louis. Il succède à son frère François II à l'âge de dix ans.
Le royaume est en pleine  guerres de religion, malgré tous les efforts de la régente Catherine pour les empêcher. Après plusieurs tentatives d’accommodement, son règne déboucha sur le massacre de la Saint-Barthélemy.
Il accède au trône de France après la mort prématurée de son frère François II. La régence est confiée à sa mère. Charles est sacré roi de France le 15 mai 1561. Il préside du 13 décembre 1560 au 31 janvier 1561, les États généraux rassemblés à Orléans. Le premier prince du sang Antoine de Bourbon est nommé lieutenant général du royaume.
En montant sur le trône, Charles hérite d'un royaume divisé. Lors du colloque de Poissy, organisé le 9 septembre 1561, la régente espère trouver un chemin d'entente entre le parti catholique du cardinal de Lorraine et le parti protestant de Théodore de Bèze, mais aucun accord n'est accepté.
Le 16 novembre 1561, le massacre de Cahors, témoigne de cet échec. Le 1er janvier 1562, l'édit de Saint-Germain-en-Laye permet aux protestants de pratiquer dans les campagnes et les faubourgs urbains.
Après le massacre de Wassy en 1562, les protestants prennent les armes, avec, à leur tête, le prince de Condé. De nombreuses villes tombent. Ils sont battus par le duc de Guise le 19 décembre 1562. Tandis que le prince de Condé est fait prisonnier, le chef de l'armée catholique, Montmorency, est capturé par les protestants. Le 4 février 1563, François de Guise met le siège devant Orléans, et y décède le 24 février de trois coups de pistolet dans le dos. Le 19 mars, avec le traité d'Amboise, une première paix fragile est établie. Le 19 août 1563, Charles IX est déclaré majeur mais la reine mère continue d'exercer le pouvoir en son nom.
 L’édit de pacification d’Amboise ne satisfait personne, et a du mal à être appliqué : il interdit le culte réformé dans les villes, alors que les protestants sont majoritaires dans de nombreuses places importantes, et sont maîtres de plusieurs provinces.
En mars 1564, il débute un grand tour de France, pour montrer le roi à ses sujets et faire connaître son royaume au roi. Il permet aussi de pacifier le royaume.
Charles IX signe l'Édit de Roussillon dont un article instaure le 1er janvier comme le premier jour de l'année dans tout le royaume de France.
En 1566, le roi s'arrête enfin à Moulins, où sont décidées plusieurs réformes. Sur la proposition du chancelier Michel de L'Hospital, l'Édit de Moulins règle les successions et déclare le domaine royal inaliénable.
En juin 1566 à Pamiers, malgré la pacification royale, les hostilités reprennent et les protestants assaillent les églises catholiques. La répression catholique est féroce : 700 calvinistes sont massacrés à Foix.
En août 1567, les protestants mettent au point un plan pour enlever le roi et sa mère. Ces derniers se réfugient à Meaux le 24 septembre.
 Le 29, des notables catholiques sont assassinés à Nîmes, puis dans tout le Languedoc. À la tête des troupes protestantes, le prince de Condé et Gaspard II de Coligny arrivent aux portes de Paris.
 Les protestants sont battus à Saint-Denis par le connétable de Montmorency le 10 novembre 1567, à Jarnac et à Moncontour par le duc d'Anjou. La paix est finalement signée entre Condé et Catherine de Médicis à Longjumeau le 23 mars 1568, confirmée par la paix de Saint-Germain-en-Laye en 1570.
Charles IX se rapproche diplomatiquement de l'Angleterre et de l’Empire. Certains verraient bien le roi de France ceindre un jour la couronne impériale. Charles IX épouse en 1570 Élisabeth d'Autriche, fille de Maximilien II, et de Marie d'Espagne. En mars 1571, la reine et le roi font leur entrée à Paris.
De cette union est issue une fille morte jeune, Marie-Élisabeth de France (1572-1578). Par ailleurs, le roi a entretenu une liaison avec Marie Touchet, laquelle lui a donné un bâtard, Charles d'Angoulême (1573-1650), titré comte d'Auvergne (1589-1619) puis duc d'Angoulême en 1619. Tandis que le roi passe son temps à chasser, la reine mère poursuit la réconciliation entre catholiques et protestants. À l'automne 1571, Coligny rencontre le roi pendant quelques jours.
 Le mariage de la sœur du roi, Marguerite, avec un jeune prince protestant, le roi de Navarre, semble être le gage d'une réconciliation durable ; mais le 22 août 1572, quelques jours après le mariage, a lieu un attentat contre le chef du parti des huguenots, Gaspard II de Coligny. Craignant un soulèvement, Charles IX décide sur les avis de sa mère et de ses conseillers, l'élimination des chefs protestants, à l'exception de quelques-uns parmi lesquels les princes du sang Henri de Navarre et le prince de Condé.
 Cette décision déclenche le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), qui fait des milliers de morts à Paris et dans plusieurs grandes villes de France. Déterminé à maintenir l'ordre, le roi ordonna l'arrêt des massacres dès le matin du 24 août, mais ses multiples appels au calme furent trop souvent transgressés.
Ce massacre marque un tournant dans le règne de Charles IX. L'abandon de l'édit de Saint-Germain et les exactions commises par l'entourage royal lui font définitivement perdre la confiance des protestants. Après les événements, la monarchie entend venir à bout du protestantisme. La guerre reprend et débouche sur le siège de La Rochelle.
La santé physique du roi a toujours été médiocre. Après ces dramatiques événements, elle décline peu à peu. Un complot est fomenté contre lui et sa mère pour faire monter son frère François, duc d'Alençon sur le trône. Déjoués par Catherine de Médicis, ces tumultes finissent d'affaiblir le roi qui se réfugie au château de Vincennes, où il s'alite. La fièvre ne le quitte plus, sa respiration se fait difficile ; il meurt le 30 mai 1574, un mois avant son vingt-quatrième anniversaire. 

mercredi 15 février 2012

François II



François II (Fontainebleau, le 19 janvier 1544 - Orléans, le 5 décembre 1560), fut roi de France de 1559 à sa mort. Fils aîné d'Henri II et de Catherine de Médicis, il monte sur le trône de France à l'âge de quinze ans après la mort accidentelle de son père le 10 juillet 1559. Son règne éphémère n’a duré qu'un an et cinq mois.
 Son règne est marqué par une importante crise religieuse. À son avènement, il confie les rênes du gouvernement aux Guise, les oncles de son épouse Marie Stuart, reine d'Écosse, partisans d’une politique de répression à l'égard des protestants. Après la conjuration d’Amboise, il entame la mise en place d'une conciliation à l'égard des réformés mais se montre implacable face aux émeutiers qui mettent à mal son autorité.
Il naît onze ans après le mariage de ses parents. Cette période de stérilité de sa mère, Catherine de Médicis, aurait pu être cause de la répudiation de cette dernière. François est d'abord élevé au château de Saint-Germain-en-Laye. Ses parrains et marraines sont le pape Paul III, François Ier, la République de Venise et sa grande tante Marguerite d'Angoulême. Fait chevalier par son grand-père lors de son baptême, il reçoit le gouvernement du Languedoc en 1546. Il devient dauphin de France à la mort de son grand-père François Ier en 1547.
 Par l'accord signé à Châtillon le 27 janvier 1548, il est fiancé dès l'âge de cinq ans à Marie Stuart, reine d'Écosse et petite-fille de Claude de Lorraine, premier duc de Guise. Il l'épouse le 24 avril 1558 et devient roi consort d'Écosse. Elle n'a que deux ans de plus que lui.
Le 10 juillet 1559, François succède à son père Henri II, mort accidentellement. C’est un adolescent de quinze ans. Selon la loi, il est majeur et n'a théoriquement pas besoin de s'entourer d’un conseil de régence, mais, jeune, inexpérimenté et de santé fragile, il délègue son pouvoir aux oncles maternels de son épouse, les Guise.
 Les deux frères aînés de cette grande famille nobiliaire avaient déjà tenu un rôle majeur pendant le règne d’Henri II : le duc François était l’un des chefs militaires les plus réputés de l'armée royale et le cardinal Charles a été associé aux plus importantes négociations et affaires du royaume. A l’avènement du jeune roi, les deux frères se répartissent les charges du pouvoir ; le duc de Guise prend en main la direction de l'armée royale, tandis que le cardinal de Lorraine dispose des finances, de la justice et la diplomatie.
 Cet avènement des Guise se réalise au détriment de leur ancien rival, le connétable Anne de Montmorency. Le « tout-puissant » favori du règne précédent doit s'effacer. Sur la recommandation du nouveau roi, il quitte la cour. L’ancienne favorite Diane de Poitiers est également priée de ne plus paraître à la cour ; son protégé Jean Bertrand doit rendre les sceaux au chancelier François Olivier que Diane avait fait démettre quelques années plus tôt. Il s’agit d’une véritable révolution de palais. Les Guise s'imposent comme les nouveaux maîtres de la cour. Les faveurs et privilèges que leur accorde le roi sont nombreux. L'un des plus significatifs est l'attribution au duc de Guise de la charge de grand-maître qui appartenait alors au fils du connétable, François de Montmorency.
 Le 21 septembre 1559, François II est sacré à Reims par le cardinal de Lorraine.. Le château de Blois est le lieu de prédilection du nouveau roi.
Le règne de François II est dominé par une importante crise religieuse. L'impopularité de sa politique répressive à l'égard du protestantisme, amène des gentilshommes protestants à monter un coup d’État contre ses principaux conseillers, les Guise ; c’est le choc de la conjuration d’Amboise. Face au mécontentement grandissant, le gouvernement décide alors de tenter la conciliation. Sous l’influence de la reine Catherine de Médicis, il inaugure la mise en place d'un dialogue avec les tenants de la nouvelle religion mais demeure implacable face aux agitateurs. Jusqu’à la fin de son règne, le royaume de François II est paralysé par une vague de révoltes locales, prémisses des guerres de religion. De plus en plus autoritaire, le jeune roi entend faire la guerre aux rebelles pour faire respecter son autorité.
A peine placé à la tête de l’Etat, les Guise font l’objet dans tout le royaume de profonds mécontentements. Un mouvement d’opposition mené par les deux principaux princes du sang conteste leur mainmise du pouvoir et les mesures qu’ils prennent dans l’exercice de leur fonction.
Un mouvement d’opposition conteste leur monopole du pouvoir et leur oppose aux princes du sang comme Antoine de Bourbon, roi de Navarre.
L’action politique du gouvernement est également contestée. Les Guises doivent faire face à une situation financière désastreuse. Après plusieurs décennies de guerres contre les Habsbourg, la dette publique se monte à 48 millions de livres. Avec seulement 12 millions de recettes annuelles, les Guise sont contraints, pour renflouer les caisses de l'état de mener une politique d'austérité draconienne qui contribue à leur impopularité. Ils reportent ainsi le paiement des gages des militaires et des officiers du roi et le paiement des factures des fournisseurs de la cour. Les effectifs de l'armée sont réduits. De nombreux soldats se retrouvent sans emploi. Les frustrations naissent également au sein des gentilshommes de la cour, car les restrictions d’effectifs ne se font pas au détriment des régiments commandés par les Guise et de leurs amis.
 Dans le domaine religieux, les Guise durcissent la politique répressive à l'égard des protestants, initiée par le roi Henri II. Sous l'effet de leur action politique, l'automne 1559 est marqué par une grande vague de perquisitions, d'arrestations et de confiscations de bien. Le 23 décembre 1559, le conseiller-clerc Anne du Bourg, magistrat au parlement de Paris qui avait créé la polémique en contestant la répression, est publiquement exécutée à Paris en place de grève. Résolu de mettre un terme à la persécution et de faire reconnaître le droit du culte réformé, un groupe de gentilshommes montent le projet de renverser le gouvernement des Guise et de confier le pouvoir aux princes du sang, gagnés à la nouvelle religion. C'est la conjuration d'Amboise.
Pendant le mois de février, la cour reçoit plusieurs avertissements sur l'existence du complot. Face au danger grandissant, le conseil royal décide, sous l'influence de la reine Catherine de Médicis de faire des concessions. Le 8 mars 1560, le roi signe un édit qui offre une amnistie générale aux protestants. Mais il est trop tard, le complot est déjà en marche. De toutes les provinces du royaume, des troupes d'hommes se dirigent vers le château d’Amboise où siège la cour.
 Mal organisée, la conjuration va se terminer en bain de sang. D'abord enclin à la clémence, le roi les fait relâcher en leur ordonnant de retourner chez eux. Mais le 17 mars, 200 hommes tentent de prendre d’assaut une porte de la ville au pied du château. Rapidement dispersés par le duc de Guise, les rebelles sont impitoyablement pourchassés.
L’attitude des Guise à l'égard du prince de Condé est plus indécise. Le prince était arrivé entretemps à la cour et avait participé à la défense du château aux côtés de ses ennemis. L’interrogatoire des prisonniers le désignait clairement comme le bénéficiaire de la conjuration. Mais la parole de simples gens ne compte pas contre celle d'un prince de sang. Il fallait une preuve écrite irrécusable pour le mettre en accusation. Laissé libre à la cour, Condé s'échappa et rejoignit son frère Antoine.
Le déchainement de violence de la conjuration d’Amboise confirme l’opinion de la cour que la persécution des protestants ne fait qu’aggraver la crise religieuse. Sous l’influence de la reine Catherine de Médicis et des conseillers, le gouvernement tente d'apaiser les tensions en mettant en place une politique de concorde.
 Plusieurs mesures de clémence sont tout d'abord prises en faveur des protestants. Tout en encourageant le châtiment des fauteurs de troubles, le gouvernement ordonne la libération de toutes les personnes emprisonnées pour fait de religion. L'édit de Romorantin signé en mai 1560 porte en germe le droit à la liberté de conscience.
 En avril 1560, la reine fait nommer Michel de l'Hospital, chancelier de France. Le gouvernement est désormais dominé par les « moyenneurs », des humanistes qui croîent possible la réconciliation des chrétiens.
 Le cardinal de Lorraine lui-même est loin d’être insensible à la réforme de l’Eglise. L’idée d’un concile national de l'Eglise de France est officiellement lancée.
La politique de conciliation menée par le gouvernement avait pour but d'apaiser les troubles. Elle provoqua l'effet contraire. Encouragés par les mesures de clémence, les protestants continuent de s’assembler lors des prêches et mettent à mal l'autorité royale en multipliant les émeutes et les coups de main armés. La vague d'agitation surgie de manière sporadique lors de la conjuration d'Amboise, parcourt pendant l'été une grande partie du royaume. Les principales régions touchées forment un territoire en forme de croissant qui va de l'Anjou, au Dauphiné, en passant par le Poitou, la Guyenne, le Périgord, le Languedoc et la Provence.
 Les émeutiers bénéficient d'un appui important au sein de la noblesse locale. Animés par une propagande acharnée contre les Guise et d'un désir de vengeance depuis la répression des évènements d'Amboise, les plus audacieux n'ont pas peur de s’attaquer aux châteaux, de forcer les prisons et de saccager les églises. Au printemps 1560, le royaume connaît même en Provence la première vague massive d'iconoclasme. A partir de l'été, le mouvement de désobéissance civile s'intensifie ; plusieurs villes du Midi sont en état d’insurrection.
 Avec l'appui secret des deux premiers princes de sang, Condé et Navarre, une organisation politico-militaire se met progressivement en place. Les protestants élisent localement des chefs, récoltent de l'argent, achètent des armes et font lever des troupes. Des bandes armées circulent depuis le Languedoc vers la Provence et le Dauphiné. Le point d'orgue de cet embrasement militaire a lieu dans la nuit du 4 au 5 septembre, quand les troupes protestantes tentent de s’emparer par la force de Lyon.
La réaction du roi est vive et déterminée : convocation du ban et de l'arrière-ban, redistribution de l'armée dans les provinces agitées et ordre aux gouverneurs de regagner leur poste. Pendant l'automne, l'ordre semble revenir peu à peu ; les chefs rebelles qui n'ont pu être arrêtés sont en fuite. Convaincu de la responsabilité du prince de Condé dans l'embrasement de la province, le roi le fait venir à la cour et le 31 octobre 1560 et le fait arrêter.
 Sur le plan extérieur, la politique du gouvernement de François II s'inscrit dans la continuité des efforts de paix menés par Henri II depuis la signature du traité du Cateau-Cambrésis (avril 1559). Au détriment de son influence et de son rayonnement en Europe, la France poursuit la restitution des terres conquises par elle depuis quarante ans. A cet égard, le règne de François II marque, au profit de l’Espagne, le point de départ de l’affaiblissement de la prépondérance française en Europe.
 L'état de santé du roi s'aggrave dès novembre 1560. Le 16 novembre, il a une syncope. Après seulement dix-sept mois de règne, François II meurt le 5 décembre 1560 de maux insupportables à l'oreille. Il s'agissait peut-être d'une mastoïdite, d'une méningite, ou encore d'une otite devenue un abcès. La trépanation fut envisagée par Ambroise Paré. Certains soupçonneront les protestants de l'avoir empoisonné, rumeurs dénuées de fondement.
 François II meurt sans descendance, son frère cadet Charles, âgé de dix ans, lui succède. Le 21 décembre, le Conseil privé nomme Catherine de Médicis « gouvernante de France ». Les Guise se retirent de la cour. Marie Stuart, veuve de François II, retourne en Écosse. Louis de Condé, qui attendait son exécution dans sa cellule, est libéré après négociations avec Catherine de Médicis.