Louis XV, dit le « Bien-Aimé » (Versailles, 15 février 1710 – Versailles, 10 mai 1774).
Succédant à son arrière-grand-père Louis XIV à l'âge de cinq
ans, il voit son pouvoir alors délégué à son grand-oncle, le duc d'Orléans, jusqu'au 15 février 1723.
Louis XV est né le 15 février 1710 à Versailles. Il est le
troisième fils de Louis de France, duc de Bourgogne, surnommé le Petit Dauphin,
et de Marie-Adélaïde de Savoie. Il est ainsi l'arrière-petit-fils de Louis XIV.
À sa naissance, en
pleine guerre de succession d'Espagne, le futur Louis XV, titré duc d'Anjou —
titre porté précédemment par son oncle, Philippe de France, prétendant français
au trône d'Espagne et futur roi Philippe V (1700-1746) — est immédiatement
confié à sa gouvernante, la duchesse de Ventadour.
En 1714, Louis est confié à un précepteur, l'abbé Perot.
Celui-ci lui apprend à lire et à écrire, et lui enseigne des rudiments
d'histoire et de géographie et, bien sûr, lui donne l'enseignement religieux
nécessaire au futur « roi très chrétien ».
En 1715, le jeune dauphin reçoit également un maître à
danser, puis un maître à écrire. Son confesseur est le père Le Tellier.
Le futur Louis XV commence sa vie publique peu de temps
avant la mort de son bisaïeul Louis XIV. Le 19 février 1715, Louis XIV reçoit
en effet en grande pompe dans la galerie des Glaces de Versailles l'ambassadeur
de Perse. Il associe son successeur, qui vient d'avoir cinq ans, à la
cérémonie, le plaçant à sa droite. En avril 1715, l'enfant participe avec le
vieux roi à la cérémonie de la Cène du Jeudi saint et participe au Lavement des
pieds. Il est toujours accompagné de sa gouvernante, Madame de Ventadour. Dans
les derniers temps de la vie de Louis XIV, le futur roi participe à plusieurs
défilés militaires et cérémonies visant à lui donner l'habitude de la vie
publique.
Le 26 août, sentant
la mort venir, Louis XIV fait entrer le jeune Louis dans sa chambre, l'embrasse
et lui parle avec gravité de sa future tâche de roi, dans des mots qui sont par
la suite passés à la postérité, qui y a vu une sorte de testament politique du
grand roi et des remords concernant sa propre action :
Les 3 et 4 septembre
1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi, d'abord en se rendant à la
messe de requiem célébrée pour le feu roi à la chapelle de Versailles, ensuite
en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son propre avènement.
Le 12, il enchaîna sur un lit de justice, l'une des
cérémonies les plus solennelles de la monarchie,
le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l'Université
de Paris et de l'Académie française, les jours suivants, sur les réceptions
d'ambassadeurs venus présenter leurs condoléances.
En 1717, ayant atteint l'âge de raison, son éducation est
désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy, et à un précepteur,
André Hercule de Fleury, évêque de Fréjus. On lui apprend désormais le latin,
les mathématiques, la cartographie, le dessin et des rudiments d'astronomie,
mais, aussi, on lui enseigne à chasser. L'éducation manuelle n'est pas non plus
négligée : en 1717, il apprend un peu de typographie, et en 1721, il s'initie à
tourner le bois. Depuis 1719, il avait des maîtres de musique. Contrairement à
Louis XIV, il n'avait que peu d'affinités pour la musique mais était attiré par
l'architecture.
Le jeune Louis XV est sacré et couronné à Reims le 25
octobre 1722. Il atteint sa majorité (13 ans) l'année suivante, et est déclaré
majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. Cependant, encore trop jeune
pour régner par lui-même, il laisse l'exercice effectif du pouvoir tout d'abord
au duc d'Orléans et au cardinal Dubois. Les deux meurent à quelques mois
d'intervalle, à la fin de l'année 1723.
C'est le duc de
Bourbon, prince du sang, qui devient alors le principal conseil du roi.
Mariage de Louis XV avec Marie Leszczyńska, fille du roi
détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński. Le mariage est célébré à
Fontainebleau le 5 septembre 1725.
À la suite de ce
mariage, et malgré l'insistance de la reine qui le considérait comme son
mentor, Louis XV écarte le duc de Bourbon du pouvoir et l'exile. Louis XV
décide également de supprimer la charge de premier ministre. Il appelle auprès
de lui le cardinal de Fleury, son ancien précepteur. Celui-ci commence alors
auprès du roi une longue carrière à la tête du royaume, de 1726 à 1743.
En fait, se réfugiant derrière l'ombre tutélaire du feu
Louis XIV, le jeune roi, orphelin trop tôt, abandonnera la totalité du pouvoir
au cardinal de Fleury, le 16 juin 1726 en fixant les cadres de son
gouvernement, annonçant à son « Conseil
d'En Haut», outre la fin de la charge de premier ministre, sa fidélité à la
politique de Louis XIV.
De 1726 jusqu'à sa mort en 1743, le cardinal dirige donc la
France aux côtés du roi.
Fleury fait revenir le chancelier d'Aguesseau, renvoyé en
1722. Il ne retrouve cependant pas toutes ses prérogatives, puisque les sceaux
et les Affaires étrangères sont confiées à Chauvelin, président du Parlement de Paris. Maurepas devient
secrétaire d'État à la Marine.
Avec l'aide des contrôleurs généraux des finances Le Peletier
et surtout Orry, "Monsieur le
Cardinal" parvint à stabiliser la monnaie française (1726) et finit par
équilibrer le budget du royaume en 1738. L'expansion économique était au cœur
des préoccupations du gouvernement.
En septembre 1729, après sa troisième grossesse, la reine
donna finalement naissance à un garçon, Louis, qui devint aussitôt dauphin.
En 1733, malgré la politique pacifiste de Fleury, le roi,
convaincu par son secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Chauvelin,
intervint finalement dans la guerre de Succession de Pologne pour tenter de
remettre son beau-père Stanislas Leszczyński sur le trône de Pologne.
L'intervention sans conviction de la France contre l'Autriche ne permit pas de
renverser le cours de la guerre et Stanislas ne retrouva pas son trône mais Louis
XVréussit à programmer le rattachement des duchés de Lorraine et de Bar au
Royaume.
Peu après ce résultat, la médiation française dans le
conflit entre le Saint-Empire et l'Empire ottoman aboutit au traité de Belgrade
(septembre 1739), qui mit fin à la guerre avec un avantage pour les Ottomans,
alliés traditionnels des Français contre les Habsbourgs.
En conséquence, l'Empire ottoman renouvela les capitulations
françaises, qui affirmèrent la suprématie commerciale du royaume au Moyen-Orient
1740, mort de l'empereur Charles VI et l'avènement de sa
fille Marie Thérèse déclencha la guerre de Succession d'Autriche.
Fleury n'avait plus la force de s'y opposer et le roi
succomba à la pression du parti anti-autrichien de la cour : il entra en guerre
en 1741 en s'alliant à la Prusse contre les Autrichiens, les Britanniques et
les Hollandais. Ce conflit devait durer sept longues années. Fleury mourut
avant la fin de la guerre, en janvier 1743.
Août 1744, à Metz, Louis XV tomba gravement malade et ses
médecins pronostiquèrent une mort imminente.
Jeanne d'Étiolles, née Poisson, rencontre en 1745 futur
marquise de Pompadour.
Le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, le roi rendit toutes
ses conquêtes à l'Autriche,
Le 5 janvier 1757, Damiens essaye de tuer Louis XV.
1756, le roi opère un
renversement d'alliance en rupture avec l'alliance franco-prussienne
traditionnelle. Par le traité de Versailles signé le 1er avril 1756, le roi,
contre l'avis de ses ministres, s'allia avec l'Autriche.
Août 1756, Frédéric II envahit la Saxe sans déclaration de
guerre et vainquit facilement les armées saxonnes et autrichiennes, mal
préparées. Entre-temps, la Grande-Bretagne avait déjà déclaré la guerre à la
France le 18 mai 1756. Ce sera la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui aura des
conséquences importantes en Grande-Bretagne et en France.
Ascension de Choiseul, sous l'influence de la de Pompadour,
le nouvel homme fort du gouvernement autorise la publication de l'Encyclopédie
et contribue à la dissolution des jésuites. Il réforme la structure de la
marine et de l'armée et essaye d'étendre les colonies françaises dans les
Antilles.
Choiseul,
successivement à la tête de la diplomatie et du ministère de la guerre et de la
marine, cherche à arrêter rapidement la guerre. Le traité de Paris (1763),
reconnaît une importante défaite française, avec la perte de la Nouvelle-France
et de l'Inde.
La convention de Versailles, en 1738, la France obtient le
droit d'intervenir en Corse. Avec le traité de Versailles, en 1768, la France a
la garantie de conserver l'île si elle parvient à la conquérir. La campagne
dure moins d'un an.
Louis XV finit par renvoyer son ministre en 1770 peu après
le mariage du dauphin qui scellait l'alliance avec l'Autriche.
Choiseul fut remplacé
de fait par Maupeou, Garde des sceaux de France depuis 1768, qui s'appliqua à
restaurer l'autorité royale. Maupeou fit
arrêter, les parlementaires par des mousquetaires.
Le roi mourut le 10 mai 1774, à 15 heures 30, au château de
Versailles.
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